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Les 3 maladies des coachs à la sortie de l’école

Mis à jour le : 29 septembre 2025

Oriane Ginies et Julie Boisard-Pétrisans ont co-fondé Houjo. C’est un service juridique astucieux pour les coachs, thérapeutes et praticiens du bien-être. Nous avons sympathisé autour de nos activités respectives et de mon travail sur l’apprentissage par l’erreur. Très vite, elles m’ont invitée à co-animer un webinaire intitulé « Transformez vos galères d’entrepreneurs en atouts ».

En échangeant sur les difficultés que rencontrent les coachs qui se lancent dans l’entrepreneuriat, nous sommes tombées sur les mêmes constats. Julie et Oriane avec leur point de vue de juristes, moi avec ma casquette de superviseure. Pour les évoquer avec le sourire, on les a baptisées « les 3 maladies des coachs à la sortie de l’école »

La formationnite

ou comment éviter d’aller se vendre sous prétexte qu’il nous manque une compétence technique

Pendant mes premières années d’exercice en tant qu’indépendante, je me suis formée tous azimuts. À des tas d’outils et d’approches de coaching. A aucun moment je ne me suis formée à l’entrepreneuriat. Et plus mon activité peinait à décoller, plus je me formais. Au MBTI, à la PNL, à l’Analyse Transactionnelle, à l’approche de Palo Alto, au codéveloppement… Ces formations étaient super, mais elles ne m’ont jamais rapporté un client.

J’ai commencé à développer ma clientèle le jour où j’ai compris qu’en tant qu’entrepreneure, 50% de mon temps devait être consacré à faire vivre mon activité : communiquer, vendre, facturer, gérer, organiser… Pour pouvoir consacrer 50% de mon temps à faire mon métier de coach. À partir de ce moment-là, j’ai investi mon temps et mes budgets de formation de manière à pérenniser mon activité.

Une coach entrepreneure qui dure,
c’est 50% entrepreneure et 50% coach.

L’outillite

ou comment éviter de se confronter à la relation en se réfugiant dans ses outils

À chaque nouvelle formation à un nouvel outil, j’avais envie de le tester en clientèle. Sauf que… ce n’est pas parce que j’avais un marteau tout neuf que mes clients étaient des clous. 

À trop me concentrer sur mes outils, je suis souvent passée à côté de deux choses :

  • C’est à moi d’adapter mon approche ou de choisir mes outils en fonction des besoins de mes clients. Pas à ces derniers de s’adapter à ma boite à outils. Et si je ne suis pas outillée pour répondre à leur besoin, je leur recommande un confrère ou une consœur… Plutôt que de faire n’importe quoi.
  • En 2025, n’importe quelle IA peut vous pondre un protocole de coaching avec l’outil ou la méthode de votre choix. La valeur ajoutée des coachs est dans la relation d’alliance avec leurs client·e·s. Les études l’ont démontré depuis longtemps. 80% de l’efficacité d’une relation d’accompagnement (thérapie ou coaching) dépend de la qualité de la relation, davantage que de la méthode (Erik de Haan ; 2008).

Dans une relation d’accompagnement,
la relation prime toujours sur la technique.

 

La cocoonite

ou comment retarder le moment de se lancer vraiment en restant entre pairs, bien au chaud

En sortant d’école de coaching, les raisons de rester entre pairs sont multiples. On a créé des liens pendant les études, on n’a pas encore beaucoup d’activité et on reste entre soi, se coacher mutuellement sert d’entraînement et beaucoup de coachs utilisent ces entraînements pour faire gonfler leurs compteurs d’heures de coaching en vue d’une accréditation.

Sauf que… À trop rester au chaud dans le cocon de l’école, les coachs ne vont pas se frotter à la réalité du marché.

  • Les vrais clients qui se foutent royalement de savoir si leurs questions sont puissantes et demandent des résultats,
  • Les questions d’argent : combien ça vaut, ce doux accompagnement qu’on s’est offert entre pairs pendant des mois ? (non non, ce n’était pas gratuit : elles étaient payantes, ces études de coaching).

Plus vite je vais me confronter à la réalité du marché, plus j’ai de chances de pouvoir vivre un jour de mon activité. Plus je retarde ce moment, plus les probabilités pour que j’abandonne sont élevées.

Le métier de coach, que beaucoup choisissent pour sa douceur et sa bienveillance, s’exerce sur un marché hyper concurrentiel. Pour y prospérer, il faut vite guérir des « 3 maladies des coachs à la sortie de l’école » qui ne sont, au fond, que des expédients pour éviter d’aller se frotter à la dureté de la réalité économique d’un métier précaire.

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