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Et si nos erreurs vestimentaires avaient quelque chose à nous apprendre ?

Cécile Schauer est coach et formatrice en qualité de vie au travail au Luxembourg. Son super-pouvoir : un soutien indéfectible à ses clients, pour les amener à des résultats concrets et durables. Et une approche pédagogique originale : elle va chercher dans la BD humoristique ce que les grands ouvrages de management n'arrivent pas toujours à transmettre.

Dans ce premier épisode de Chères Erreurs, une chronique sur une gaffe vestimentaire devient le point de départ d'une réflexion sur l'authenticité professionnelle et l'image de soi. Vous y découvrirez :

  • Pourquoi vouloir se conformer à l'image attendue par ses clients est une erreur - et souvent inutile.
  • Ce qu'un impair vestimentaire apprend vraiment sur la relation client.
  • Comment l'authenticité professionnelle s'étend bien au-delà de la tenue : langage, posture, outils pédagogiques.
  • Pourquoi les clients choisissent un prestataire pour ce qui le différencie, pas pour ce qui le rend conforme.

 

Chères Erreurs : une forme radicale d'authenticité professionnelle

Cécile G. Cécile, tu es une des premières à avoir soutenu Chères Erreurs depuis le début. Qu'est-ce qui t'a accrochée dans cette démarche ?

Cécile S. Quand tu as commencé à partager tes boulettes sur LinkedIn, j'ai ressenti un immense soulagement. C'est la première fois que je lisais une chose pareille. Avant Chères Erreurs, LinkedIn c'était une vitrine de succès, et ça finissait par donner un sentiment d'être un peu minable quand les choses ne se passaient pas bien. Toi, tu as cassé ce mythe du super-héros. Fallait quand même un courage de dingue pour faire ça.

Cécile G. Ce sont mes erreurs qui ont été ma plus belle école. Notre métier est relationnel, l'essentiel ne s'apprend pas dans les livres. Et en devenant superviseure, j'avais envie de donner aux coachs moins confirmés l'autorisation non seulement de faire des erreurs, mais surtout de les dédramatiser. Parce que de toute façon, on va en faire. Autant aller y chercher des pépites.

 

Deux gaffes vestimentaires mémorables

Des chaussures dépareillées chez la présidente

Cécile G. La chronique que tu as choisie, c'est "Le diable aurait mieux fait de s'habiller en Prada". Je vais vous raconter l'histoire. Je faisais une mission dans une maison de haute couture au tout début des années 2000. J'arrivais de la grande distribution, donc ma garde-robe était confortable, mais pas vraiment à la hauteur. J'ai rattrapé le tir... sauf que le jour de ma présentation finale à la présidente, une femme connue pour être redoutable, j'étais tellement stressée que je suis partie avec une chaussure bleue et une chaussure noire.

Cécile S. Mais pourquoi tu étais stressée ?

Cécile G. On se demande bien ! Je l'ai découvert à la cantine, en descendant un grand escalier, quand j'ai vu les gens pouffer de rire. Il me restait une demi-heure avant mon rendez-vous. Pas le temps de rentrer chez moi. J'ai choisi d'arriver à l'heure avec mes chaussures dépareillées. Et la présidente, si elle l'a remarqué, n'en a rien laissé paraître. Le rendez-vous s'est très bien passé.

Ce que j'ai retenu : un impair vestimentaire est surtout grave pour les collègues dans les couloirs. Pour l'interlocutrice qui attend des résultats professionnels, c'est souvent sans importance. Autant en rire plutôt que d'essayer de le cacher.

Manteau en fourrure et sueurs froides

Cécile S. Ça m'a renvoyée à ma première mission, pour une ONG écoresponsable au Luxembourg. Il faisait très froid. Et le seul manteau chaud que j'avais était doublé de fourrure. J'ai paniqué : ils sont tous écolos, ils vont me mettre à la porte. Résultat : j'ai laissé le manteau sur son cintre. Je suis arrivée en grelottant, les doigts congelés, dans des conditions catastrophiques pour démarrer une réunion d'ouverture.

Cécile G. Deux erreurs très différentes, mais le même enseignement au fond.

Cécile S. Exactement. Dans les deux cas, c'est le mental qui prend le dessus et se concentre sur un détail vestimentaire au lieu du travail. Et dans les deux cas, le client s'en fichait complètement.

 

Authenticité professionnelle : se conformer ou s'assumer ?

L'erreur de vouloir se couler dans un moule qui n'est pas le sien

Cécile S. Ce que j'ai vraiment appris, c'est de rester fidèle à moi-même. Je m'habille en couleurs, du jaune, des accessoires colorés. Ça reflète mon énergie. Et mes clients le perçoivent. Quand j'essaie de me fondre dans la culture de mon client en oubliant qui je suis, l'objectif c'est quoi ? Une connivence qui ne trompe personne. Mon client m'a choisie parce que mes codes sont différents des siens. C'est précisément ça qui rend la collaboration riche.

Cécile G. Tu as étendu cet apprentissage au-delà de l'habillement, non ?

Cécile S. Oui. Lors de ma première expérience de management, mon équipe se moquait de mon langage un peu châtié. J'avais essayé de gommer tout ça, de raboter mes aspérités. En pure perte. Ça a généré de l'inconfort sans rien apporter, ni à mes clients, ni à moi. Aujourd'hui, si un client arrive sur mon site, voit mes posts, discute avec moi : il sait à quoi s'attendre. Je ne vais pas le décevoir.

Le style, un outil de travail

Cécile G. Toi tu t'es auto-censurée en pensant déplaire. Moi j'ai péché par étourderie. Dans les deux cas, on est arrivées à la même conclusion : notre habillement doit contribuer à ce qu'on apporte au client, pas créer une fausse conformité.

Cécile S. C'est ça. Ce qui est important, c'est que mon apparence reflète mon énergie. Une des premières choses que je fais faire en formation, c'est lever les gens de leur chaise. Ça met en dynamique. Et ça, c'est en ligne avec qui je suis.

 

De la tenue à la posture : comment cet apprentissage s'invite dans notre pratique

Cécile G. Ce que tu as fait avec ton habillement, tu l'as fait aussi avec ton langage pédagogique. Plutôt que d'aller chercher les Mintzberg et les grands théoriciens du management, tu vas chercher Gaston Lagaffe, Bretécher, les Schtroumpfs. Il y a derrière beaucoup de sérieux et de préparation, mais c'est dit d'une manière qui correspond à ton style.

Cécile S. Exactement. J'ai coaché des CEO qui avaient du mal à s'approprier leur pouvoir. Plutôt que d'introduire 17 volumes sur le leadership, je leur fais lire Le Schtroumpfissime. En une BD, tu as les conséquences d'un leader qui laisse le pouvoir à d'autres sans cadre. C'est d'une subtilité et d'une puissance que je n'ai pas trouvées dans d'autres ouvrages professionnels.

Cécile Schauer recommande également la BD Imbattable, dont le héros a le super-pouvoir de "sortir des cases" : une métaphore parfaite pour illustrer la prise de recul.

 

Ce que ces impairs vestimentaires nous ont vraiment appris

Deux erreurs différentes, une même leçon : l'authenticité professionnelle ne consiste pas à se conformer à l'image attendue. Elle consiste à se présenter tel qu'on est, dans sa tenue, dans son langage, dans ses outils pédagogiques, pour que tout ce qu'on dégage serve vraiment le client.

Les apprentissages clés de cet épisode :

  • Un impair vestimentaire compte surtout pour les témoins dans les couloirs, rarement pour le client qui vous a choisi pour votre travail.
  • Se conformer à l'image supposément attendue par ses clients est souvent inutile, et toujours coûteux en énergie.
  • L'authenticité professionnelle s'étend bien au-delà de la tenue : langage, posture, outils pédagogiques, tout doit refléter qui vous êtes.
  • Les clients vous choisissent pour ce qui vous différencie, pas pour ce qui vous rend semblable à eux.
  • Rester fidèle à soi-même, c'est aussi ce qui permet d'être pleinement disponible pour le client, sans énergie gaspillée à gérer une image fabriquée.

Si mon client m'a choisie, c'est parce que mes codes sont différents des siens. C'est de ça que naît une collaboration riche. » Cécile Schauer

 

Retrouvez Cécile Schauer

LinkedIn : linkedin.com/in/cecileschauer-aimertravailler

Site : aimertravailler.com

 

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