Ce que le jeu de Go apporte (vraiment) au management

Ohanasan playing « go » game, New York Public Library.

Depuis 25 ans que j’anime des séminaires de dirigeants autour des enseignements stratégiques et managériaux du jeu de Go, la manière dont j’utilise le jeu pour aider mes clients a profondément évolué. Suivez-moi pour un voyage dans le temps!

Il était une fois un publicitaire de génie 

Dans les années 1970-80, Go et Mao  avait fait un gros effet sur ses lecteurs français et l’essor économique du Japon fascinait le monde des affaires français. Jean-Christian Fauvet, initialement publicitaire devenu inventeur de la Sociodynamique, eut alors l’idée géniale d’habiller les séminaires pour dirigeants de Bossard Consultants de maximes prêtées à ce jeu millénaire. En pratique, aucun des consultants qui animaient ces séminaires ne jouait au Go et les enseignements qu’ils lui prêtaient étaient souvent tirés par les cheveux. Il n’en reste pas moins que la graine était plantée.

 

La carpe et le lapin se marièrent et eurent beaucoup de clients  

Au début des années 1990, Bossard Consultants m’a commandé de nouveaux contenus de management à l’aune des enseignements du Go. Pour le coup, je connaissais bien mieux le jeu que le management ! Cette rencontre improbable a donné naissance à un livre qui a reçu à l’époque, des critiques élogieuses tant des managers que des joueurs de Go, ce qui ce n’était pas une mince affaire !Le succès des séminaires « Jeu de Go » que j’anime depuis plus de 25 ans ne se dément pas. Selon les cas, je les fais voyager dans l’histoire du jeu, l’art asiatique, la pratique du jeu… Et bien sûr la transposition des enseignements du Go à leurs projets et préoccupations business.

 

Et après ?

C’est là que les Athéniens s’atteignirent. Apprendre à jouer au Go demande, sinon une vie, des semaines pour maîtriser le « langage des pierres ». C’est comme apprendre à lire la musique ou une langue étrangère, ça ne s’invente pas et le temps que peuvent passer les managers à apprendre à jouer est souvent inexistant. 

J’ai butté pendant des années sur la question : « comment faire pour que le Go apporte à mes clients autre chose qu’un merveilleux dépaysement culturel pendant quelques heures ? ». C’est sûr, les voyages culturels ça ouvre l’esprit et avec un peu de chance, ça aide à voir le monde autrement. Je trouvais l’argument un peu court dans un monde obsédé par le ROI… Pourtant, ce sont à chaque fois mes clients qui m’en ont redemandé et m’ont aidée à surmonter cette difficulté.

 

Faire du coaching stratégique grâce au Go sans l’avoir cherché 

En 2014, des clients m’ont demandé de réaliser, avec l’un de leurs responsables commerciaux, une monographie sur la conquête d’un grand compte illustrée par les principes du jeu de Go. Pendant 3 mois, le commercial m’a raconté, en moyenne tous les 15 jours, sa stratégie et les résultats obtenus chez son client. Ce qui marchait, ce qui ne marchait pas, les questions qu’il se posait : je lui posais des questions de joueuse de Go pour comprendre sa stratégie et avec l’aide d’un ami champion d’Europe, nous avons mis en forme « la conquête d’un grand compte illustrée par les principes stratégiques du jeu de Go ».

Cette monographie à trois voix a fait un tabac auprès du public auquel elle était destinée. Rétrospectivement, j’ai compris que sa construction même avait aidé le commercial à amplifier son impact chez son client. Le coaching stratégique « jeu de Go » était né.

 

Le Go n’est pas la panacée stratégique universelle, mais il permet de travailler sur des sujets qui résonnent avec les enjeux actuels de mes clients. 

  • Le Go est un jeu de conquête et de partage de territoires, ce qui correspond aux évolutions actuelles de marchés en pleine recomposition ;
  • La victoire s’acquiert par le nombre et non par la fonction ou le statut, ce qui aide à réfléchir aux notions de collaboration, de réseau, de connexion, de leadership non hiérarchique ;
  • Les règles sont simples mais leur application complexe : les situations locales sont toujours à mettre en perspective avec la situation globale. Cela fait écho aux arbitrages souvent difficiles entre performance financière et risques psychosociaux, ou entre productivité et expérience client, par exemple ;
  • Chaque joueur ne contrôle qu’un coup sur deux : le potentiel de la situation doit être réévalué à chaque échange et la stratégie adaptée en conséquence. Cela résonne avec la perte de la capacité à prévoir à long terme.
  • Au Go, l’erreur est inévitable : dès lors, il s’agit de tirer le meilleur parti de ses erreurs et de celles de son adversaire. 

Tout récemment, une cliente m’a fait remarquer que pendant l’initiation de son équipe au Go, toutes les croyances limitantes qui les empêchaient de progresser dans leurs décisions stratégiques étaient apparues au grand jour… Exhumer ses croyances limitantes n’est jamais très confortable, et  le Go par sa dimension ludique a ouvert une porte qu’une approche plus directe aurait trouvé close. Cela permet un travail de coaching par petit groupe, pour imaginer de nouvelles manières de faire.

Même si vous n’avez pas le temps d’aller plus loin que l’initiation dans votre pratique du jeu, le Go vous offre :

  • Une animation d’équipe ludique, conviviale, stimulante intellectuellement et en résonnance avec des sujets de votre actualité ;
  • Une approche de coaching ciblée sur les croyances limitantes qui vous gênent dans l’atteinte de vos objectifs stratégiques.

 

 

Merci à :

Laurent Barnier, Benoît Duséhu, Isabelle Jalmain, Annaïk Juhuette, Pauline Kiejman, Julie de Lavarène et Motoki Noguchi. 

A lire ou relire : 

  • Go et Mao, Scott Boorman, Seuil 1972.
  • Management d’entreprise et stratégie du Go, Francis Touazi et Cécile Gevrey, Nathan 1994. Me contacter pour des réimpressions.
  • Le langage des pierres, Motoki Noguchi, Praxeo 2005.