Atsumi a 7 ans, une histoire de résilience

Cet arbre, déraciné par la tempête, est devenu une passerelle. A quoi ressemble votre résilience ?

« Ma petite entreprise, ne connaît pas la crise », chantait le regretté Bashung. La mienne l’a connue, en connaît et en connaîtra d’autres, mais elle est toujours debout, cela fait 7 ans aujourd’hui.

D’après l’INSEE, 25% des petites entreprises ne dépassent pas 3 ans d’existence, et, selon les régions, 40% ne dépassent pas les 5 ans. Ces statistiques datent d’avant le COVID et seront sans doute mises à jour bientôt, mais quand même, quelle fierté ! Retour sur 7 ans d’aventure ….

 2013-2015, Atsumi naît sous les meilleurs auspices

 Après une longue gestation, mon projet est prêt.

20 ans d’expérience professionnelle en cabinet m’ont permis d’acquérir de solides savoir-faire en matière d’accompagnement du changement, collectif et individuel. 2 ans d’exercice en portage m’ont permis d’affiner mon offre.  Je peux m’appuyer sur une clientèle fidèle et un réseau d’anciens collègues

 

Beaucoup de bonnes fées m’ont accompagnée lors de cette étape. Rétrospectivement, les deux personnes qui m’ont donné les coups de pouce les plus décisifs sont:

Stéphanie Brouard, directrice de collection chez Eyrolles me donne carte blanche pour rédiger un opus de la collection « Et si ». Cela deviendra Et si je faisais bonne impression, communication non-verbale mode d’emploi.

Antoine Bacholle, alors directeur général d’une clinique privée me confie la conception et l’animation d’un projet d’établissement. Cette aventure passionnante donne à Atsumi une première référence couvrant l’ensemble de son offre. Elle me permet aussi de commencer à me verser un salaire. 

Je profite de cette rétrospective pour remercier plus largement toutes celles et tous ceux qui m’ont donné un contrat pour démarrer, un avis sur mon site internet, des conseils pour me dépatouiller des démarches administratives. Le coup de pouce du démarrage est une réalité et Atsumi a été gâtée.

 

2016-2017, Atsumi échappe de peu au tsunami

En l’espace d’un an, 85% des client.e.s fidèles d’Atsumi changent de statut ou de poste, et ne sont plus en situation de passer commande.

Pire, une bonne partie d’entre eux.elles deviennent coach et sont mieux placés que moi pour travailler avec leurs anciens employeurs. Ma capacité à gagner de nouveaux clients n’arrive pas à endiguer l’hémorragie.

 

En parallèle, le marché du coaching sur lequel je travaille depuis 2003 commence à déborder.

Des centaines de coachs diplômés déboulent sur le marché tous les ans. Dans un pays comme la France, qui continue à donner la priorité au diplôme sur l’expérience, mes 20 ans d’expérience n’y font pas grand-chose. Je suis éliminée d’office des appels d’offres et du référencement dans beaucoup de grands groupes. 

Sans la trésorerie accumulée pendant les 3 premières années et le soutien de quelques autres bonnes fées, j’aurais fait partie des 40% de petites entreprises qui mettent la clé sous la porte dans les 5 ans. 

 

Les bonnes fées de cette époque sont moins nombreuses mais tout aussi décisives.

Matthieu Mérot, mon expert-comptable, tous les ans au moment du bilan, m’a donné des raisons de rester optimiste : « Pas de panique, vous avez du temps pour vous retourner », et des conseils salutaires : « Vous aimez vous former ? formez-vous ! C’est un investissement dans votre entreprise et ce n’est pas quand vous facturerez à plein temps que vous pourrez le faire ».

Jérôme Parisse, qui avait été mon premier manager dans les années 1990 chez Bossard, m’appelle un jour d’Australie pour me proposer de rejoindre, en tant que vacataire, un cabinet qui se développe en Europe. l’accompagnement du changement  culturel en entreprise, c’est dans mes cordes. A distance ? Je m’y habituerai. En anglais ? J’étais bilingue à 15 ans, pourquoi pas à 46 ?

 

2017-2019, Atsumi survit et s’adapte

Trouver la bonne manière de retrouver une place sur le marché a été un véritable parcours du combattant. 

Multiplier les partenariats ? Entamer un partenariat en situation de faiblesse, c’est la meilleure manière de se faire piller son temps, ses savoir-faire, ses clients et son estime de soi. En affaires comme en amour, mieux vaut être seule que mal accompagnée. 

Me former à l’approche systémique et stratégique ?  Intéressant mais trop psy, m’ont dit les uns. Pas assez diplômant, m’ont dit les autres. Pas conforme aux critères d’accréditation de l’ICF, de toutes façons. 

Retourner à la fac ? Au bout d’un semestre de cours du soir au CNAM à écouter passivement des cours magistraux à recracher par cœur à l’examen, j’ai craqué. Cette méthode d’enseignement n’est pas adaptée à  des enjeux de professionnalisation rapide et opérationnelle.

Intégrer une école de coaching en cycle avancé ?  Pas question tant que vous n’avez pas le diplôme de base, m’ont répondu toutes les écoles françaises que j’ai contactées. Peu importe mon expérience, là encore.

Acheter purement et simplement un diplôme de coaching avec une belle étiquette ?  Le marketing d’accord. Le toc, jamais ! 

En définitive, je me suis formée en Angleterre à l’Academy of Executive Coaching, où j’ai obtenu le diplôme d’Advanced Practitioner Diploma avec mention, comme je l’ai raconté ici.

Renouveler et crédibiliser mon offre a été aussi un véritable challenge.

Je savais que, seul, ce diplôme ne suffirait pas. Il me fallait redéfinir mon positionnement et marketer mon offre. C’est Claire Michaut qui m’a aidée à retrouver de la valeur et du sens dans mon parcours, mes savoir-faire historiques et mes efforts d’adaptation. Seule, je n’y serais pas arrivée. 

Pendant ce temps, serrage de ceinture maximum côté salaire et activité ralentie. Le fait d’avoir acté cet état de fait comme une stratégie d’investissement avec mon expert-comptable a été déterminant pour m’aider à tenir. Financièrement et moralement.

 

2020 : Atsumi est repartie comme en (20)14, grâce à :

L’internationalisation

Après les Australiens de Walking the Talk, j’ai développé des partenariats avec des cabinets Américains et Britanniques qui apprécient de travailler en France avec une partenaire native du cru capable de travailler en anglais. Outre les pays anglophones, mon réseau de partenaires compte maintenant des correspondants au Bénélux, en Scandinavie, en Suisse, en Europe de l’Est, en Inde avec des coachs et des facilitateurs qui ont un profil comparable au mien.

Ces partenariats m’ont permis d’acquérir des expériences et des références internationales, et de mieux positionner les attentes et les contributions respectives dans un partenariat.

Aujourd’hui, grâce à ce réseau, Atsumi peut monter des équipes pluridisciplinaires pour accompagner des projets internationaux de développement de leurs dirigeants.

La virtualisation

3 ans de réunions de travail et de coaching en ligne m’ont donné un peu d’avance sur les affres technologiques dans lesquels beaucoup de mes collègues et clients se sont retrouvés brutalement plongés par l’épidémie de COVID19. J’ai encore beaucoup à apprendre mais cette adaptation est à ma portée aujourd’hui et mes clients ne s’y trompent pas. 

Comme la plupart de mes confrères et consœurs, les séminaires et les coachings face-à-face me manquent, mais je considère cette adaptation, au moins temporaire, comme nécessaire et, à tout prendre, moins douloureuse que la mue que j’ai entreprise pendant 3 ans !

 

Encore et toujours des bonnes fées

Je tiens tout particulièrement à remercier Annaik Juhuette et toute son équipe pour leur fidélité, leur confiance et leur soutien au plus fort de la crise du COVID 19.

 

 Mes apprentissages :

  • Je suis sortie de l’impasse le jour où j’ai su identifier ma cible. Hors de ma zone de confort, mais pas hors de portée.
  • Ce n’est pas d’1 an de trésorerie dont j’ai eu besoin pour rebondir, mais de 3 ! Je m’en souviens au moment de faire des arbitrages entre salaire, investissement et épargne.
  • Indépendante ne veut pas dire isolée. Il me semble essentiel pour un chef d’entreprise et plus encore pour un indépendant de connaître ses faiblesses et identifier ses difficultés. Sans ses bonnes fées, Atsumi ne soufflerait pas ses 7 bougies.

A mes bonnes fées et à la résilience d’Atsumi !

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