L’apprentissage accéléré, ma meilleure expérience de réunion en ligne

L’un après l’autre, mes clients m’annoncent que les budgets de Talent Development et de communication interne ont été divisés par deux, par trois, et que les premières économies vont porter sur les frais de déplacement. La tendance est sans appel et je prends le pari qu’elle se poursuivra largement au-delà de 2020.

Pour accompagner mes clients dans la virtualisation de leurs séminaires et coachings d’équipe, j’ai choisi de me former auprès de The Learning Gym. Mélanie Martinelli, Shilpa Subramaniam et leur équipe sont des spécialistes de l’apprentissage pour adultes et ont un vrai recul sur la pratique de la pédagogie en ligne. Première étape : construire et animer une expérience participant réussie.

Quel que soit le sujet et le public, le cycle d’apprentissage accéléré suit les mêmes étapes, qu’une séance en ligne ne couvrira que partiellement.

Interprétation personnelle de l’Accelerated Learning Model

Shilpa :moins de la moitié du processus d’apprentissage se déroule en salle. Pour un apprentissage durable, la découverte du contenu se fait avant, et l’application suivie en situation, après la séquence. Cette dernière doit se focaliser sur les échanges au sein du groupe.

 

Qu’est-ce qui change le plus par rapport à l’apprentissage en salle ?  

Pas d’apprentissage en ligne sans préparation. C’est vrai autant pour l’animateur que pour les participants, pour des raisons différentes. Pour le premier, la conception représente 80% de son travail ; pour les participants, la préparation a pour but d’éveilleur leur intérêt et de réduire les freins psychologiques et techniques à l’apprentissage, tout en sachant qu’ils ont peu de temps à y consacrer et que tous ne feront pas ce travail préparatoire. 

 En revanche, la plupart des activités praticables en salle le sont aussi en ligne :

Mélanie : Il existe plus de 200 activités qui déclinent le processus d’apprentissage accéléré pour tous publics, tous niveaux, tous contenus. Elles sont toutes transférables en ligne, je les ai essayées une par une ! La plupart du temps, avec très peu d’outils. Rien qu’avec les salles de sous-groupes, le tableau blanc et le chat, on peut faire vivre des expériences géniales aux participants.

 

Le rôle de l’animateur est de concevoir un programme et d’orchestrer le déroulement des activités, pas de délivrer un contenu. 

Contrairement aux formations et réunions traditionnelles qui comportent des phases plus ou moins longues de présentation didactique par l’animateur, l’apprentissage accéléré fait complètement l’impasse sur ce rôle d’enseignant ou de présentateur. La découverte du contenu se fait par les participants avant et pendant la séance, grâce à des activités variées, rythmées et si possible ludiques. Dès que les participants en savent suffisamment sur le contenu qu’ils ont de toutes façons à disposition par ailleurs, il est temps de les mettre en action à propos de ce contenu : s’entraîner, résoudre des cas pratiques, s’entraider sur des problèmes réels à la lumière de ce qu’ils viennent d’apprendre…  

Mélanie : S’il y a des arbitrages de temps à faire entre la phase de présentation et celle de pratique, privilégie la pratique. Quant aux supports, moins tu en fais, mieux tu te portes ! Il est quasi impossible de lire et écouter en même temps. Si tes supports captent l’attention, tu perds l’attention de tes participants. Même dans les instructions des exercices de sous-groupe, il faut être le plus précis et le plus concis possible. Je conseille à mes participants de prendre les instructions en photo avec leur portable avant de partir en sous-groupe.

 

Les peurs ne concernent pas seulement le contenu ou le contexte de la formation. Elles concernent aussi la technique. 

Au moins dans un premier temps, l’apprentissage concerne autant les outils que le contenu des formations, afin de permettre à tout le monde de participer quel que soit son niveau en maniement des outils à distance. 

Honey : Avoir un co-animateur ou une coanimatrice dédié au support technique crée du confort autant pour les participants que pour l’animateur. Même après des années de pratique de la formation à distance, un plantage peut toujours arriver : le réseau, la bande passante, le serveur… A cela se rajoute le fait que les outils changent et que toute une partie du public mondial découvre la formation active en ligne, qui demande plus de manipulation que juste appuyer sur « play » pour regarder une conférence en ligne. Mes secrets : désamorcer les peurs dès la phase de préparation en envoyant un mémo « connexion » aux participants, arriver dans la salle 20 minutes à l’avance pour les aider à se connecter, les faire jouer avec l’outil avant le démarrage pour dédramatiser la techno. 

La question technique se pose aussi pour l’animateur. 

Il existe une multitude d’outils d’animation en ligne –  Mentimeter pour faire des sondages, Padlet pour créer de beaux visuels à plusieurs, Kahoot pour créer des quiz façon jeu télévisé, et des dizaines d’autres. Il peut être tentant d’en utiliser beaucoup pour maintenir l’attention des participants. Ces outils sont excellents, à condition de les utiliser avec parcimonie car ils multiplient les risques de plantage technique et de perte de l’attention du groupe.  

Mélanie :  Je me focalise sur l’expérience participant dans ma préparation, que viennent-ils apprendre ? Je vois ce que je peux faire avec les moyens du bord et c’est seulement à ce moment-là que je vois si les participants vont avoir besoin d’un outil d’animation plus sophistiqué, qui demande de la manipulation, du temps et peut vite faire tourner l’expérience participant au cauchemar. L’attention des participants n’est pas une question d’outils, c’est une question de pertinence de l’approche pédagogique. En matière d’outils, « less is more » !

Et les relations, dans tout ça ? 

L’importance du check-in, déjà vérifiée en salle, est encore plus forte en ligne où l’interaction est plus courte et ne comporte pas de moments interstitiels. Donner du temps aux participants pour faire connaissance au début de la séance par un ice-breaker, prévoir que les activités de sous-groupe seront pour moitié utilisées par les participants pour se découvrir, multiplier ces moments en petit groupe… cela crée des relations qui peuvent se poursuivre par la suite.

 

Et le corps, dans tout ça ?

Mélanie : si j’ai baptisé ma boite « The Learning Gym », c’est parce que pour moi, l’apprentissage passe par le corps. Ça se travaille aussi en ligne, regarde le nombre de cours de Yoga ou de Pilates ou de méditation qui se font en ligne maintenant.

Et puis il y a des choses toutes simples à faire pour mettre les participants en mouvement : « levez-vous, faites le tour de la pièce et rapportez un objet qui représente ce que vous avez envie d’apprendre ce matin… ».   

Mes apprentissages

Le cycle de l’Apprentissage accéléré n’est pas propre à la formation. Le partage d’un diagnostic par une équipe de direction, l’élaboration puis la mise en œuvre d’un plan d’actions, ou bien la diffusion d’une nouvelle stratégie d’entreprise gagneraient à suivre ce cycle dans beaucoup de cas.

J’ai appris tout ce qui précède en 2h30 chrono, avec une tasse de thé à la main et mon chat sur les genoux. C’était plus que mes attentes et j’ai envie d’en apprendre plus. N’est-ce pas le commentaire que tout animateur rêve de voir sur les évaluations de fin de formation ? Je suis heureuse d’avoir fait ces apprentissages avec des pros expérimentées du Learning Gym plutôt que de réinventer la roue !

Pour en savoir plus

The Learning Gym

 

Remerciements

Mélanie Martinelli,  Shilpa Subramaniam et Honey Raza pour deux magnifiques expériences par l’exemple,

Merci Daniel, Jimbo, Joshua et Zarine de m’avoir autorisée à publier une photo de ce moment.

Et merci Guillaume Gevrey dont j’ai longtemps admiré, de loin, la pratique de la formation à distance aux côtés de Mélanie.