A quoi ça sert, un coach parental ? L’expérience de Julia

Certaines décisions d’éducation semblent n’offrir que des alternatives risquées. Un coach parental peut vous aider à y répondre.

Le coach parental aide des parents à trouver des ressources pratiques pour franchir les étapes difficiles de l’éducation de leurs enfants, dans le respect de leurs valeurs éducatives, sans coller d’étiquette pathologisante aux enfants ou culpabilisante aux parents.

Julia est « mompreneur », en français dans le texte : mère de famille entrepreneure.

Ah oui, et joueuse de rugby. Ses valeurs en bref, c’est l’autonomie, la responsabilité et le sens du collectif. Valeurs qu’elle inculque avec ardeur à ses trois enfants. Globalement ça se passe plutôt bien : les enfants sont bien dans leurs baskets, Julia a trouvé un équilibre vie familiale – vie professionnelle qui lui permet d’être présente mais pas trop… Elle partage avec Jules la même vision du rôle parental : « rendre nos enfants autonomes ».

Sur le plan de l’autonomie justement, Julia a un caillou dans la chaussure : le téléphone portable de ses deux aînés.

Avant de leur en offrir un à leur entrée au collège, elle a lu les études sur les troubles cognitifs et relationnels de l’abus d’écrans. Elle s’est renseignée sur l’art et la manière de protéger ses ados des dangers de la cyber-pédocriminalité. Sans entrain, Julia a fini par céder à la pression sociale : sans portable, pas de copains. Mais attention : pas d’excès ! Julia qui a connu, enfant, les horaires de télé régentés par ses parents, a négocié des limites strictes au temps d’écran de ses fils : contrôle parental programmé dans chaque téléphone et les appareils éteints doivent être descendus dans le salon tous les soirs à 21h, à la vue des parents.

Au début, Adam puis Théo ont avalé toutes ces restrictions sans moufeter, trop contents d’acquérir enfin l’instrument de leur appartenance au groupe.

Mais maintenant qu’Adam a 15 ans, ça se corse. C’est la guerre tous les soirs pour récupérer son téléphone qu’il ne veut pas lâcher. Et pour donner corps à leurs pires craintes, Jules et Julia sont tombés un soir sur une conversation WhatsApp carrément louche. N’ayant pas voulu s’expliquer sur une intrusion qu’il jugeait « trop grave » dans sa vie privée, Adam est passé en mode révolte. Tout est prétexte à conflit à la maison, au point que Julia a fini par le priver de téléphone pendant une semaine. Résultat, chute libre de ses notes. Trop cool.

Un jour, Julia qui avait été interpellée par un de mes articles sur les bénéfices éducatifs de l’approche paradoxale me demande si cette méthode  peut marcher dans son cas.

Elle me décrit l’escalade symétrique dans laquelle Adam et elles sont engagés et me confie, fatiguée : « Je sais bien que l’adolescence est un moment d’affirmation de soi contre ses parents. Mais si seulement mon fils voulait bien avoir des relations autres que conflictuelles avec moi… »

La spirale infernale de l’escalade symétrique, schéma librement inspiré de mes cours à l’Institut Gregory Bateson.

Quand elle a démarré le coaching parental, Julia était déjà convaincue que pour aggraver la situation, il suffisait de continuer comme ça.

Elle était aussi droite dans ses bottes sur son principe d’autonomie. Il a été facile de construire avec elle une stratégie de retrait. En rentrant chez elle, elle a convaincu Jules sans problème. Après le dîner, à l’heure où Adam était censé descendre son téléphone, elle est montée dans sa chambre avec une pile d’études sur les méfaits socio-cognitivo-émotiono-relationo-addictivo-queledernierfermelaporte des excès d’écrans, en lui disant sur un ton tout doux : « Mon chéri, je ne me suis pas rendu compte que tu avais assez grandi pour assumer tout seul tes choix. Tu es assez grand pour savoir gérer toi-même ton temps d’écran. Je t’ai apporté tout ce que la science dit sur le sujet si tu as envie de te renseigner, et à partir de maintenant, c’est toi qui sais ce qui est bon pour toi. » Regard stupéfait du fiston. « Mais entendons-nous bien, mon chéri : si tu es trop fatigué pour te lever, ou que tu t’endors en cours, ça sera ton problème. Si tu as envie de rater tes études et de vivre toute ta vie collé à un écran, c’est ton choix. Pas le mien évidemment, mais c’est ta vie. » Haussement d’épaule dédaigneux d’Adam.

Quatre semaines  et deux séances de coaching parental plus tard…

Les résultats scolaires d’Adam sont en hausse et il commence à se plaindre de la fatigue. Julia a même observé qu’il commence à délaisser son portable le soir. Pour l’ambiance à la maison, c’est pas encore ça mais Julia commence à avoir de nouvelles idées pour éviter de pénibles bras de fer.

Emportée dans son élan, Julia s’est dit qu’elle allait en faire autant avec Théo, le cadet, histoire de s’épargner cette guerre sans fin.

Sauf que : Théo a seulement 13 ans, il est hyper sensible et est demandeur de cadrage. Le retrait brusque de tout cadre a provoqué une crise d’angoisse monumentale qui a fait très peur à Jules et Julia, qui ont aussitôt réinstauré le contrôle parental.

 

Nos apprentissages :

Quand une situation familiale butte sur un problème important, le coaching parental est une option pour ajuster vos comportements éducatifs à la relation qui a évolué entre vos enfants et vous.

Quand une méthode d’éducation ne marche pas, le virage à 180° est parfois une option bien moins dangereuse que « toujours plus de la même chose » (Adam)

On ne change pas une méthode qui marche (Théo).

Deux enfants différents ont souvent besoin de méthodes différentes pour atteindre la même autonomie.

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Emmanuelle Piquet, Mon ado, ma bataille. Comment apaiser la relation avec nos adolescents. Payot.