Coaching parental : l’expérience de Daphné

Le coaching parental illustre parfaitement la manière dont coaching systémique et thérapie brève peuvent se rencontrer, pour aider des parents et leurs enfants  à mieux vivre ensemble sans passer par la case pathologisante et souvent culpabilisante du psychologue ou du pédopsychiatre. 

Il était une fois une consultante…  

Quand j’ai commencé mon métier de consultante puis de coach, j’ai vite pris l’habitude de laisser à mes clients le temps de s’installer et d’échanger quelques propos anodins avant de commencer à travailler.

Ce moment n’avait pas de nom ni de fonction bien définie, j’éprouvais juste un vague besoin de leur offrir un sas de décompression entre deux réunions. J’avoue avoir zappé ce moment plus souvent qu’à mon tour, parce que mon client était pressé, parce que l’ordre du jour était trop chargé, parce qu’il fallait avancer. Confusément, j’avais le sentiment de rater quelque chose. Mais quoi ?

C’est au contact d’équipes Anglo-Saxonnes que j’ai fait pour la première fois l’expérience du check-in” au démarrage de réunions d’équipe.

 “Salut tout le monde ! Merci de vous être libérés pour cette réunion. Nous avons une heure pour traiter XYZ mais avant de commencer, j’aimerais faire un rapide check-in savoir ce qui vous retient d’être pleinement présents”. Je me rappelle ma surprise les premières fois où j’ai entendu ces histoires d’enfant malade, de plombier, de garagiste ou de grève de train, qu’en bonne Française, j’aurais gardées pour la machine à café. Je me rappelle aussi avoir tiqué en notant combien de temps ces propos sans rapport avec le sujet de la réunion avait empiété sur l’heure prévue. Et je me souviens avoir été impressionnée par la concentration et la discipline des participants pendant la réunion. Au début, j’ai attribué cela au fameux décalage culturel qui a creusé la Manche, pas au check-in. Les préjugés culturels ont la vie dure !  

 La première chose que j’ai apprise à propos du coaching de haut niveau, c’est qu’il s’agit principalement de présence

Une formation à laquelle j’ai participé démarrait chaque jour par une longue séance plénière de check-in. Celle du premier jour était presque entièrement constituée de lambeaux de vie quotidienne dont les participants ne s’étaient pas encore libérés. Beaucoup se sentaient coupables d’être là au lieu de bosser, conduire les enfants à l’école, que sais-je.

Un matin, une participante a pris la parole :   

« Moi, je suis une extravertie. Le check-in, au début, j’avais horreur de ça. Aujourd’hui, je sens la qualité de ce silence et à quel point cela contraste avec ma vie. Tous les matins, je cours derrière mes enfants pour qu’ils se lèvent, se douchent, s’habillent, prennent leur petit déjeuner, se brossent les dents, ne ratent pas leur bus pour l’école… quand je prends du recul et que je regarde cette hystérique qui bouscule ses gosses, je me sens coupable et malheureuse. Ces matins sont horribles… Si seulement je pouvais avoir quelques instants de check-in avec mes enfants avant de démarrer la journée, ce serait génial. Pour nous tous. Est-ce que je suis prête à me lever 1/2 heure plus tôt pour nous les offrir? »     

Je venais de toucher du doigt que le check-in n’est pas seulement une technique de coaching ou une simple étape dans une méthode. C’est faire de la place pour être disponible, concentré, attentif. Du temps et de l’espace pour être pleinement présent auprès de la ou les personnes avec lesquelles vous avez choisi de passer un moment : un coaché, un membre de votre équipe, un ami, votre enfant. Un cadeau.

 

Il était une fois un coaching parental…  

 Daphné est mère de deux petites filles adorables, au tempérament aussi trempé que celui de leur mère. L’organisation de la famille est réglée au millimètre, du lever jusqu’au coucher. Avec deux parents qui travaillent en Région Parisienne, une fille à la crèche l’autre à la maternelle, vous savez ce que c’est. 

Ma fille a besoin de voir un psy ? vraiment ?  

Daphné vient me voir très ennuyée : la maîtresse de Fille Aînée l’a convoquée et lui conseillé d’aller voir un psychologue pour enfants. Il paraît que Fille Aînée réclame de l’attention sans arrêt, ce que la maîtresse a traduit par « elle doit être angoissée ». 

A part ça, s’étonne Daphné, « Fille Aînée est gaie, dort et mange bien, est affectueuse avec tous les membres de la famille, ça ne mérite quand même pas d’aller voir un pédopsy, Pourquoi pas me traiter de mauvaise mère, tant qu’on y est ? Bon c’est vrai, elle demande beaucoup d’attention mais avec Petite Cadette, ce n’est jamais le moment et souvent je lui demande d’aller jouer dans sa chambre.
– Et vous en pensez quoi, vous, de sa demande d’attention ?
– C’est de ma faute en fait, je ne suis pas assez disponible. Elle a raison de demander. 
– Qu’est-ce que vous avez envie de faire, à votre niveau, avant d’emmener cette adorable petite fille en pleine santé voir un pédopsychiatre ?» 

En cherchant un peu…

Daphné a décidé que le trajet de retour de l’école serait le moment où elle demanderait tous les jours à Fille Aînée « Qu’est-ce que tu as envie de me dire, aujourd’hui ? ». Puis au début du dîner en famille, au tour de Papa : « Tu veux nous raconter quelque chose, ce soir, avant que je raconte ma journée à Maman ? ». 

C’est marrant, conclut Daphné : c’est exactement ce que faisait la maîtresse de l’année dernière, que Fille Aînée adorait. 

Deux séances de coaching parental plus tard…  

On n’a pas changé la maîtresse de cette année, mais l’ambiance à la maison s’est bien améliorée grâce à ce coaching parental. Fille Aînée reçoit plus d’écoute et Daphné est fière d’avoir trouvé une solution par ses propres moyens.  

Lire aussi : coaching ou thérapie ? 

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